Des squelettes d’animaux datant de l’Égypte ancienne portent les traces de mauvais traitements

ACHETEZ VOS TICKETS EN LIGNE

TICKETS !

Mise à jour d’un jeune babouin présentant une fracture à l'avant-bras gauche (photo : Hierakonpolis Expedition)
08/06/2015
Des squelettes d’animaux datant de l’Égypte ancienne portent les traces de mauvais traitements
post by
Reinout Verbeke

Dans des tombes datant de l’Égypte ancienne, une équipe d’archéologues belges a trouvé les restes d’animaux qui ont été battus et entravés.

Sur le site égyptien de Hierakonpolis, l'archéozoologue Wim Van Neer et son équipe de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique ont fait des découvertes intéressantes : le cimetière de l’élite prédynastique (il y a 5100 à 5800 ans) ne contenait pas que des ossements humains. Les archéologues y ont aussi trouvé les restes de plus d’une centaine d’animaux sacrifiés, dont des hippopotames,  des crocodiles et un léopard.

Ces animaux constituaient une ménagerie primitive, dont les gardiens semblaient bien plus brutaux que les soigneurs de nos zoos actuels. Nombre de squelettes présentent en effet des traces de blessures dues à des entraves ou des mauvais traitements en captivité.

Un hippopotame avait une fracture guérie de la fibule d’une patte arrière, ce qui indique qu’il a été attaché à un arbre et s’est blessé en essayant de fuir. Les lésions les plus fréquentes chez les babouins mis au jour sont des fractures aux mains, aux pieds et aux avant-bras prouvant qu’ils ont souvent reçu des coups violents à la tête et aux extrémités.

Le fait que les fractures sont guéries, de même que le développement de lésions résultant d’inflammation chez certains spécimens, montre que les animaux ont été détenus en captivité pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

« Beaucoup moins de pathologies liées à la violence sont observées par la suite, ce qui prouve que les méthodes adéquates de contrôle des animaux sauvages se sont développées », précise Wim Van Neer.

Une question de statut

Quelques animaux appartiennent à des espèces locales, mais d’autres, dont un éléphant africain de dix ans, n’étaient pas indigènes de la vallée du Nil. Ils ont probablement été importés du Soudan. D’après Wim Van Neer, ils semblent avoir eu deux fonctions symboliques : les nombreuses espèces domestiques étaient un signe de richesse et d’excès, tandis que les animaux sauvages étaient des « créatures précieuses qui ont contribué au statut de l’élite des habitants de Hierakonpolis ». Non seulement les propriétaires montraient leur puissance en contrôlant et sacrifiant ces animaux, mais, pensait-on à l’époque, ils en possédaient certains attributs…

L’étude a été publiée dans l’International Journal of Osteoarcheology. Vous trouverez plus d’informations sur les découvertes faites à Hierakonpolis sur le site hierakonpolis-online.org.

Cliquez sur l'image pour voir plus de photos.

 
S'abonner à Royal belgian Institute for natural Sciences News
Go to top